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Gestion de Fortune La banque privée genevoise intègre l’alémanique Sallfort Privatbank (1,1 milliard de francs d’actifs). L’opération devrait augmenter sa valeur d’environ 20%

La banque privée Heritage va augmenter sa masse sous gestion d’environ un quart, début 2019, lorsqu’elle concrétisera sa fusion avec Sallfort Privatbank. Annoncée mardi, l’opération permet à Heritage (4,5 milliards de francs d’avoirs) d’augmenter sa valorisation et de s’étendre dans la partie germanophone du pays, à Zurich et Bâle.

Selon un bon connaisseur des banques privées, ce rapprochement devrait relever la valeur d’Heritage d’environ 20%, à travers l’augmentation des revenus et des économies de coûts. Notre source s’attend à ce que la banque genevoise soit impliquée dans d’autres opérations de ce genre dans les trois ans. Ces cinq dernières années, Heritage – qui gérait 6,7 milliards de francs en 2013 – a repris une partie de la clientèle de la défunte Bank Frey, plombée par sa clientèle américaine, puis l’entité genevoise de Standard Chartered et la Banque Hottinger. Aujourd’hui, elle estime attendre 6 milliards après sa fusion avec Sallfort (qui gère actuellement 1,1 milliard de francs, contre 1,3 milliard mi-2017).

«Nous, il y a vingt ans»

«Sallfort, c’est nous, il y a vingt ans», résume Marcos Esteve, le directeur général de la Banque Heritage. Les deux établissements qui fusionnent par échange d’actions – aucune transaction financière n’a été effectuée – présentent effectivement des similitudes. Ils sont tous deux en mains familiales, avec côté genevois les Esteve, originaires de Catalogne et qui ont fait fortune dans le coton, le café et le cacao, tandis que côté alémanique, la famille Barth est active dans le commerce de houblon depuis 1794 à Nuremberg, en Allemagne.

Les deux banques couvrent à peu près les mêmes marchés: Suisse, Europe occidentale, Amérique latine notamment. Fondée en 1986 en tant que family office, la première emploie une centaine de collaborateurs à Genève et autant en Uruguay, contre moins de trente pour la seconde, lancée en 1981. Seule la marque Heritage sera conservée, et la famille Barth deviendra actionnaire à hauteur d’une vingtaine de pour cent.

Une partie de la direction générale de Sallfort rejoindra celle d’Heritage. Sur le marché de la gestion de fortune, ce genre de rapprochement est considéré comme un succès si moins de 15% des clients décident de quitter la nouvelle entité.

Sébastien Ruche

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